lundi

Le volcan éclatant du ciel qui nous poursuit
Les ombres chinoises des batailles de Gengis Khan
en éventail dans ces volutes de pluie
sur les champs de moutarde
sur le point d’éternuer
ses étoiles sur la nuit
Une licorne étincelante, d’un blanc immaculé
renâcle les poignées violettes de sable sombre
Lucarnes blondes illuminées
scellent un relief aux coutures en 3D
Des plaines plantées en étagère
par dessus les terres en jachère
Des champignons qui poussent
aux cheminées des toits
Tel une fée distraite au pays des mystères
Je visite des cavernes d’ostralopithèques
où de grands dinosaures viennent m’épouvanter
On pourrait presque lire l’histoire des hommes entière
Brillante, ensanglantée
Témoin d’émois sur les herbes couchées
en vagues par les vents
Gouttes de coquelicots éclaboussées par le halo lent du crépuscule rougissant
Le velours sourd et sage de la veuve qui descend
tisse sa toile noire sur le défilé blanc
Et la lune timide fait son sourire en coin
Une nuit je l’ai vu, rousse et resplendissante
se faire manger la joue par un dragon géant
Passagère dilettante du temps qui passe en boucle
De ce petit tchouc-tchouc qui m’infantilise
Je me prends à rêver que je suis cet oiseau
vaporeux et lointain
qui survole son destin
par delà les routes


Le monde de Lino

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