lundi

Scène slam et spectacle des siamoises (samedi 17 mars)


Haïssons nous mon amour
Hissons nous en haut du pire
pour inonder l’enfer de cette pisse de rire!
Fermons le firmament de notre trait d’union
Fusillons Cupidon!
Haïssons nous mon amour
Hérissons tous nos poils, comme des chats échaudés,
comme des rats enragés...
Comme l’éclair gronde l’orage, parés de colère,
cracher sur l’esclavage des utopies de “sainte joie”
Foudroyés, le diable au corps, le venin du désir nous mord encore le cou
Et tous les serpents d’Eve dansent les sillons souillés
d’une Cendrillon désenchantée et de son prince maudit...
Haïssons nous mon amour
Je t’ai tant aimé que j’ai tout admis mais désormais je te vomis
Si je n’suis plus ton bien, je serai ton malaise
l’amour n’a pas de propriétaire.
Je t’ai donné mon cœur, je ne peux le reprendre
Alors je vais te l’arracher!
Des Amazones à Mata-Hari, je serai ta Walkyrie
Le pire cauchemar de tes rêves fragiles
comme la poupée frisée que tu pouvais briser, suspendue à ton bras
Cassée/caressée/cassée/caressée...
Toi qui fut l’homme de ma vie
Je comptais sur toi
comme le fil sur sa poulie
Tu comptais pour moi
Bien plus que l’paradis
Mais aujourd’hui
Je compte sur mes doigts
les jours de sursis
et les pièces de centimes
dans la tirelire des ptits...
Oui je te hais mon amour
pour tout c’que t’as pas fais pour moi
pour le temps, la salive que tu m’as fait gâché
Et je me hais aussi de n’pas t’avoir haï
quand j’ai perdu l’honneur, l’orgueil et la fierté
Faire l’amour/faire la guerre
entre nous c’est lié, on ne peut plus rien y faire
Et nos mains de velours
forgent d’armes et de fer
les chaînes qui vont nous massacrer!
Le cœur ouvert, les artères palpitants de notre vague à l’âme
remontent les sangs jusqu’aux nerfs de nos dents
effluves des sentiments qui nous ont ravagé
Ce désir invincible qu’on cherche à transpercer
ce désir, encore lui, est plus fort que la mort!
Amor haïssons nous puisque c’est le tremplin de notre liberté
Sans haine c’est la souffrance qui va nous déchirer
C’est plus chanmé qu’les grecs c’qu’on s’fait comme tragédie!
C’est plus trash que Sénèque, plus puissant que Sophocle et Racine réunis!
Insultes et trahison, crime verbal passionnel
jalousie et bastons, sexe, drogue et Machiavel!
j’en censure pas beaucoup parce que c’est trop cruel...
Haïssons nous mon amour
Nous avons toute la Terre pour nous consoler
des tas d’célibataires devront panser nos plaies
Une belle brochette de cœurs brisés épinglés sur le mur du salon
nous contemplent de leurs regards ronds...
Au plaisir de s’être dépecés
Au regret de s’être amourachés...

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